L’effondrement d’immeubles est un risque non négligeable en France, comme l’ont prouvé nombre d’évènements récents, voire de drames. Dès lors, il est important de chercher à comprendre quels sont les causes d’effondrement d’un immeuble, et comment réduire considérablement ce risque. Notre entreprise de rénovation spécialisée dans le bâti ancien vous présente en détail les principales causes d’effondrement d’immeubles, et vous aide à mieux comprendre ce sujet.
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Table des matières
ToggleEffondrement d’immeubles en France : une réalité
Avant toute chose, il convient de rappeler que l’effondrement d’un immeuble est un évènement dramatique sur de nombreux points, mais qui représente malheureusement un risque réel et avéré en France.
Ces dernières années, les cas d’immeubles effondrés se sont multipliés dans l’hexagone.
Sans prétendre à l’exhaustivité, plusieurs effondrements récents illustrent cette réalité :
- Marseille (2018) : l’effondrement de deux immeubles vétustes rue d’Aubagne a causé la mort de huit personnes, marquant l’un des drames les plus graves de ces dernières années.
- Bordeaux (2021) : deux immeubles se sont effondrés rue de la Rousselle. Les occupants, alertés par des craquements et l’apparition de larges fissures, avaient pu être évacués à temps, limitant le bilan à trois blessés.
- Lille (2022) : l’effondrement de deux immeubles mitoyens rue Pierre-Mauroy a coûté la vie à une personne. Une évacuation partielle durant la nuit avait permis d’éviter un bilan plus lourd.
- Toulouse (2024) : un immeuble s’est effondré en plein centre-ville, rue Saint-Rome. L’évacuation préalable du bâtiment a heureusement permis d’éviter toute victime.
- Amiens (2025) : un ancien hôtel désaffecté s’est écroulé place au Feurre, sans faire de victime.
Au-delà de ces effondrements complets, les cas les plus marquants, plusieurs incidents récents témoignent de la persistance de ce risque.
On peut en effet citer des accidents évités de peu, avec plusieurs cas préoccupants sur la seule année 2025. En janvier, c’était une résidence de plus de 100 personnes qui avait dû être évacuée à Montmorency, rue du Try, suite à des mouvements de terrain.
Le mois suivant est survenu l’effondrement partiel d’un mur mitoyen rue du Pâquier, à Annecy, lors de travaux. En mai 2025, citons enfin la mise en péril d’un immeuble rue des Trinitaires, à Metz, suite à l’apparition de fissures durant des travaux en sous-sol.

Les causes d’effondrement d’immeubles
Après avoir planté le terrain, plutôt préoccupant, il convient de chercher à mieux comprendre les origines et la cause d’un effondrement d’immeuble.
Pour chacun des cas évoqués plus haut, différentes causes ont pu être établies suite aux accidents, mais il convient d’adopter une approche plus globale afin de comprendre quels sont les phénomènes qui peuvent être à l’origine de l’effondrement partiel ou total d’un immeuble.
Faisons le tour des principales causes d’effondrement d’immeubles :
Vétusté d’un bâtiment
Comme on l’imagine facilement, les cas d’effondrement complet d’un immeuble en France ont souvent été liés à la vétusté des bâtiments concernés.
Plus de 60 % du parc immobilier français de logement collectif a été construit avant 1975, avec des immeubles parfois datés de plusieurs siècles. Les bâtiments effondrés rue de la Rousselle à Bordeaux dataient par exemple du XVIe siècle.
Il est évident qu’un immeuble ancien qui n’est pas correctement entretenu aura plus de risques de souffrir de désordres, qui peuvent dans le pire des cas mener à un drame.
Au fil des années, les matériaux anciens peuvent se fragiliser ou se déformer, et des éléments qui assuraient le maintien des charges peuvent peu à peu s’affaiblir.
Infiltrations d’eau et problèmes d’humidité
Parmi les risques les plus importants liés à cette même vétusté, l’humidité reste le premier ennemi des immeubles anciens, et peut mener à long terme à leur effondrement.
Des infiltrations d’eau ou une humidité trop élevée menacent directement un bien immobilier en faisant peser plusieurs risques sur le bâtiment :
- Dégradation des revêtements (décollage des peintures, détérioration des enduits, etc.),
- Détérioration des matériaux (écaillage de la brique, desquamation de la pierre, détérioration des joints maçonnés),
- Pourrissement du bois (pans de bois, bois de charpente, etc.),
- Corrosion des éléments métalliques (poutres IPN, fixations, ferraillage, etc.),
- Attaques parasitaires du bois (champignons, insectes xylophages, etc.)…
L’étanchéité d’un bâtiment passe par la qualité de son clos couvert (façades et toiture), et par son système d’évacuation des eaux de pluie (zingueries, gouttières, chéneaux…).
L’humidité intérieure peut également être à l’origine de désordres, elle qui peut survenir du fait d’une mauvaise ventilation, d’une isolation mal conçue ou encore de fuites de canalisations.
En tant qu’entreprise de façade et de toiture spécialiste de la rénovation du bâti ancien, nous pouvons vous assurer qu’un manque d’entretien du clos couvert entraîne de très importants dégâts, qu’il s’agisse d’ossature bois attaquée ou pourrie, de fortes dégradations de la charpente ou encore de déformations des maçonneries.
Bon à savoir : le ravalement décennal obligatoire, instauré dans certaines communes, vise entre autres à permettre au moins une intervention régulière sur les immeubles anciens, ce qui peut permettre d’éviter certaines infiltrations en façade, ou est toujours l’occasion d’avoir un point de vue expert et extérieur sur l’état de l’enveloppe du bâtiment.
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Travaux non conformes
Ensuite, il paraît cohérent d’évoquer la réalisation de travaux non adaptés, ou prévus sans études techniques préalables.
Tout bâtiment ancien a forcément vu défiler les propriétaires ou copropriétaires, chacun étant parfois à l’origine de modifications ou travaux mal pensés, ou non conformes :
- Apport de charges : installation d’équipements lourds, aménagements de combles ou travaux modifiant les charges sans étude technique préalable.
- Ouvertures de murs porteurs : l’aménagement de maisons en appartements ou la création de nouveaux espaces peut entraîner différents travaux, comme l’ouverture d’un mur porteur ou la suppression d’une cloison devenue porteuse, qui peuvent participer à fragiliser la structure.
- Isolation non adaptée : plus récemment, ce sont les opérations d’isolation (notamment l’isolation thermique par l’extérieur) qui peuvent nuire à l’état d’un bien immobilier ancien. Un bâtiment isolé sans ventilation, ou isolé avec des matériaux non adaptés (par exemple du polystyrène expansé sur des murs en briques ou en pierre) peut rapidement emprisonner l’humidité, avec les conséquences précédemment évoquées.
- Travaux sur les fondations ou les sols : certains chantiers participent à fragiliser les fondations, notamment les travaux en sous-sol. Des travaux proches (construction d’un immeuble voisin, percement d’un tunnel, etc.) peuvent également fragiliser un bâtiment existant.
On peut également citer les travaux de réfection qui ne respectent pas les matériaux ou la nature du bâti, par exemple l’isolation extérieure d’un mur en pans de bois, ou son recouvrement par des matériaux non perspirants (qui ne laissent pas passer la vapeur d’eau).
Cela avait notamment été à l’origine de l’effondrement partiel d’un immeuble strasbourgeois situé route du Général-de-Gaulle. Le bâtiment en pans de bois avait été recouvert d’un crépi entoilé, ce qui avait entraîné le pourrissement de la structure, à l’origine d’un effondrement d’une partie du mur sur la chaussée.
Bon à savoir : l’erreur et la malfaçon peuvent également survenir sur des bâtiments neufs ou modernes. Un mauvais calcul des charges ou un mauvais dimensionnement des fondations peuvent par exemple être à l’origine d’un risque d’effondrement accru.
Mouvements de terrain
Enfin, on peut citer un risque particulièrement préoccupant qui a pris de l’ampleur ces dernières années, à savoir les mouvements de terrain.
Des fondations fragiles tout comme un mouvement de terrain peuvent être à l’origine d’un effondrement. Ce risque peut être clairement accentué sur les sols argileux, du fait de mouvements de terrain importants liés au retrait-gonflement de l’argile.
Les différentes périodes alternant canicule et pluies importantes ont accentué ce phénomène, notamment responsable (du moins en partie) de l’effondrement de l’immeuble toulousain du 4 rue Saint-Rome. Les mouvements de terrain peuvent alors fragiliser progressivement une structure, jusqu’au moment où elle n’est plus en mesure de le supporter.
Naturellement, d’autres aléas climatiques peuvent fragiliser un immeuble et augmenter les risques, notamment les inondations, les tremblements de terre ou encore les vents violents.
Le manque d’entretien d’un immeuble : principale cause d’effondrement d’un immeuble
Vous aurez compris que la cause d’effondrement d’un immeuble est rarement simple à définir, et qu’elle est généralement multifactorielle.
Si on peut cependant identifier une cause pratiquement incontournable dans les cas d’effondrements, c’est bien le manque d’entretien général du bâtiment. Il est fréquent que les bâtiments qui s’effondrent n’aient pas été sérieusement entretenus depuis des décennies, ou que leurs propriétaires aient négligé de précédents signes d’alertes, voire des expertises indiquant un risque imminent.
Les travaux de maçonnerie, la rénovation d’une charpente, la réfection d’une toiture ou encore le ravalement d’une façade sont autant d’opérations d’entretien qui sont très souvent repoussées par les propriétaires. Les travaux en copropriété peuvent s’avérer tout aussi délicats, et parfois touchés par une lenteur administrative importante.
Résultat : les bâtiments se fragilisent au fur et à mesure, sans recevoir de travaux adaptés, et la situation empire jusqu’au point de non-retour.
Voilà pourquoi il est important d’intervenir dès les premiers signes d’usure d’un bâtiment, que ce soit par le recours à un professionnel qualifié ou par la réalisation d’un diagnostic structurel (évoqué en bas de cette page).

Effondrement d’un immeuble : les signes avant-coureurs
Si vous avez peur pour votre propre immeuble, ou si vous vous renseignez simplement sur les signes d’alerte face à l’effondrement, il est important de savoir vers quels détails porter votre attention.
Il peut exister différents signes avant-coureur avant l’effondrement total ou partiel d’un immeuble, notamment :
- Présence de fissures : une fissures de maison est toujours signe de mouvements structurels dans un bâtiment. Si vous remarquez une fissure importante, une multiplicité de fissure ou encore une apparition soudaine de fissure, vous êtes peut-être face à une urgence imminente. La présence de fissures sur les sols et plafonds est d’autant plus inquiétante.
- Mouvements des maçonneries : tout mouvement des murs porteurs ou des cloisons est un signe d’alerte direct. Un « gonflement » du mur, une déformation ou encore un effondrement partiel (même minime) sont de sérieux signaux.
- Mouvements des plafonds et des sols : une structure peut s’affaiblir au niveau des planchers. Un plafond bombé ou un sol déformé sont ainsi de très sérieux signes de désordres structurels.
- Menuiseries bloquées : les mouvements des murs peuvent avoir pour effet de bloquer l’ouverture des portes et fenêtres, ou de créer un jeu. Si une menuiserie se ferme difficilement ou semble avoir bougé, mieux vaut être prudent.
- Craquements et bruits : les craquements sont toujours un signe d’alerte à ne pas négliger. Si vous entendez des craquements ou des bruits inhabituels, il peut être prudent d’évacuer le bâtiment.
Toute modification brutale de l’état d’un immeuble peut signifier une urgence immédiate. Si vous remarquez de légers désordres (petites fissures non évolutives, traces d’humidité, etc.), mieux vaut faire intervenir rapidement un spécialiste pour éviter qu’un petit problème ne se transforme en grand.
En cas de doute sur l’état imminent d’un bâtiment, n’hésitez pas à contacter les pompiers. Dès lors que vous voyez des mouvements importants ou des fissures évolutives, mieux vaut s’alarmer.
C’est ainsi que trois étudiants ingénieurs ont réduit l’ampleur de la catastrophe lors de l’effondrement des immeubles lillois, rue Pierre Mauroy.
Ayant remarqué que l’un des murs de leur immeuble était gondolé, et que la porte d’entrée s’ouvrait difficilement, ils ont appelé les pompiers, qui ont immédiatement réalisé l’évacuation du bâtiment en pleine nuit. Les immeubles se sont écroulés le lendemain matin.
Important : n’oubliez pas que les espaces intérieurs sont très souvent cloisonnés avec des plaques de plâtre. Un mur porteur peut ainsi être fissuré sans que cela ne soit visible depuis l’intérieur. Pensez donc toujours à bien vérifier l’état du mur de façade… à condition que celui-ci ne soit pas aussi caché derrière un parement ou un bardage !
Le diagnostic structurel : l’un des outils contre les effondrements
Pour conclure sur le sujet, on peut noter que les différents effondrements ne sont pas restés sans conséquence du point de vue des pouvoirs publics.
Récemment, l’Etat a mis en place une mesure de diagnostic structurel obligatoire pour les immeubles d’habitation collective.
Les communes françaises peuvent désormais désigner des zones à risques dans leur Plan Local d’Urbanisme (PLU), au sein desquels tous les immeubles anciens à usage d’habitation collective doivent faire l’objet de diagnostics structurels.
L’enjeu est d’accélérer la réhabilitation des bâtiments anciens et de prévenir les risques, avec une vision plus complète de l’état des bâtiments anciens et la mise en place de mesures d’urgence et de travaux de rénovation, si nécessaire.
Vous savez désormais tout sur les causes d’effondrement d’un immeuble.
Si d’aventure vous cherchez des spécialistes de la façade et de la toiture dans le bâti ancien, sachez que nos équipes peuvent intervenir sur tous vos travaux de ravalement de façade et de rénovation de toiture. Nous serons ravis de vous conseiller et de vous accompagner dans tous vos travaux de rénovation immobilière dans l’ancien.