Avec quelle plante fait-on les toits de chaume ?

Avec quel plante fait-on les toit de chaume ?

Le toit de chaume est une couverture de toit végétale, entièrement réalisée à l’aide de plantes séchées. On parle d’ailleurs aussi parfois de « toit de paille ». Mais quelles sont les plantes utilisées pour une couverture chaume ? Cette page vous en dit plus sur la composition du toit de chaume, et sur sa réalisation.

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L’Histoire de la maison en toit de chaume

Le toit de chaume est une couverture de toit végétale. Ce toit est composé essentiellement de matériaux naturels et biosourcés, ce qui en fait la couverture de toit la plus écologique (elle qui est peu polluante à produire et 100 % recyclable). Mais avant de parler de la composition d’un toit de chaume, rappelons l’Histoire de cette couverture de toit traditionnelle.

Quand sont apparus les toits de chaume ?

Dire que le toit de chaume est vieux comme le monde est à peine une exagération ! Ce toit de paille, composé à l’aide de végétaux séchés, est l’une des premières couverture de toit à voir le jour.

On considère que les toits de chaume existaient déjà durant la Préhistoire, ce qui en fait l’une des plus anciennes couvertures de toit (avec la peau de mammouth !). On la retrouve également dans l’Egypte Antique, mais aussi dans la civilisation grecque.

Il faut dire que le recours au toit de chaume a tout d’une évidence :

  • Le toit de chaume est léger, et peut donc être supporté par des murs en argile ou par des constructions relativement sommaires.
  • Il est réalisé à partir de pailles et de plantes locales (voir plus bas sur cette page), très facile à trouver.
  • Le toit de chaume est un excellent isolant, qui laisse la chaumière fraîche en été et chaude en hiver.

Bien entendu, en France, le chaume fut la couverture de toit favorite des Gaulois. Il fallut attendre l’invasion de Rome pour que cette couverture de toit patrimoniale soit peu à peu remplacée dans les villes par l’ardoise et la tuile.

Le toit en paille : une couverture de fermier

En France, on considère que le toit de chaume est resté populaire dans le monde agricole, jusqu’à la fin du XIXe siècle. On lui a d’ailleurs souvent attribué l’image du toit du paysan, voire du toit du pauvre.

Et pour cause, les paysans utilisaient cette toiture peu coûteuse à réaliser, et qu’ils étaient en mesure de poser et de rénover eux-mêmes, à partir de leur propre paille. Néanmoins, les couvertures chaume ont peu à peu disparu avec l’industrialisation des procédés de construction. On leur reprochait ainsi deux choses :

  • Elles étaient peu durables, et devaient être refaites tous les 20 ans.
  • Les couverture chaume augmentaient le risque d’incendie, à une époque où les lampes à pétrole se multipliaient.

Ainsi, le toit de chaume a peu à peu été remplacé, même s’il est resté populaire comme toiture patrimoniale dans certaines régions, notamment la Bretagne et la Normandie.

Le toit de chaume aujourd’hui

Avec l’essor de l’éco-construction et les enjeux écologiques du bâtiment, le toit de chaume redevient aujourd’hui à la mode, lui qui profite de nombreux atouts. Néanmoins, les couvreurs chaumiers ne sont plus qu’une poignée en France, si bien que la couverture chaume reste particulièrement rare.

Ironiquement, ce qui fut appelé « la toiture du pauvre » devient aujourd’hui une couverture de toit assez haut de gamme, du fait de la rareté des artisans chaumiers.

On notera que les défauts du toit de chaume sont aujourd’hui nettement contrebalancés :

  • La durée de vie d’un toit de chaume correctement réalisé peut dépasser les 50 ans, grâce à l’utilisation de chaume solide et correctement sélectionné.
  • Les risques d’incendie du toit de chaume sont limités, grâce à la maîtrise des techniques de pose et de réalisation. Si la paille est hautement inflammable, une botte de chaume correctement serrée peut tout à fait résister au feu. Ainsi, les chaumières d’autrefois, jugées dangereuses, l’étaient avant tout car elles étaient réalisées à la va-vite, avec des matériaux de faible qualité.

À présent que nous en savons plus sur l’origine du toit de chaume, nous pouvons donc en venir à la question du jour, à savoir « avec quelles plantes sont faits les toits de chaume » ?
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Quelles sont les plantes utilisées pour un toit de chaume ?

S’il était important de revenir sur l’Histoire du toit de chaume, c’était pour faire comprendre que cette couverture de toit n’a pas une seule composition. Historiquement, le toit de chaume a toujours été réalisé avec des matériaux locaux, dont la qualité, la résistance et la durabilité pouvaient varier.

Concrètement, voici les principales plantes utilisées dans la confection de chaumières :

  • La paille de seigle : les toits en paille étaient fortement utilisés par le milieu paysan. La paille de seigle est résolument la meilleure paille à utiliser pour du chaume. On la retrouve sur les couvertures paysannes des régions qui cultivent le seigle, notamment en Auvergne, dans le Limousin, en Corrèze ou encore dans le Cantal. La plupart des toits de paille conçus aujourd’hui sont réalisés en paille de seigle.
  • La paille de blé : la paille de blé peut également être utilisée pour une couverture chaume. Elle est néanmoins plus lourde et moins résistante que la paille de seigle (mais à l’avantage d’être plus simple à trouver que le seigle). Néanmoins, très peu de toits de chaume sont encore réalisés avec de la paille de blé, du fait de la mauvaise durabilité de cette couverture.
  • Le genêt : le genêt est un arbuste dont les branches peuvent être utilisées comme couverture chaume. C’est un matériau à la fois solide et souple, qui garantit un toit de chaume durable. Il a aussi l’avantage de pousser facilement (y compris dans les sols pauvres), et donc d’être peu coûteux. On le retrouve notamment en Occitanie, ainsi qu’en Ardèche.
  • La bruyère : comme le genêt, la bruyère est un arbuste solide, qui pousse notamment dans les landes. De sa faculté à pousser y compris dans les milieux difficiles, elle a été utilisé pour certains toits de chaume. Son utilisation par les couvreurs chaumiers contemporains reste néanmoins très rares.
  • Le jonc de roseau : le roseau est l’un des matériaux les plus utilisés de nos jours pour la conception de toit de chaume. On le retrouve notamment aux Pays-Bas, qui accueille de nombreuses toitures en chaume. En France, la Camargue est réputée comme productrice de roseaux pour le chaume. On en retrouve également dans la Brière, ainsi que dans la Somme. Ce matériau est plus solide et plus esthétique que la paille. Il est aussi ininflammable.

Vous aurez compris que les toits de chaume peuvent être réalisés à partir de nombreuses plantes. De nos jours, les couvertures en chaume sont généralement réalisés en paille de seigle et en joncs de roseaux, car ce sont les matériaux les plus durables.

Toit de chaume en roseau

Les bottes de jonc de roseau sont très souvent utilisées sur les toits de chaume.

Comment faire un toit de chaume ?

En dehors du choix du chaume utilisé, il est bon de comprendre que la couverture chaume nécessite une pose bien spécifique. Les plantes utilisées pour un toit de chaume sont rassemblées en bottes de chaume. La densité d’une botte de chaume est ce qui va garantir l’étanchéité, la durabilité et la résistance au feu de votre toiture.

Les bottes de chaume sont tressées aux liteaux de la charpente, puis jointes ensemble en plusieurs couches, de manière à créer une couverture étanche et isolante. La réalisation du faîtage peut dépendre de la région ou de l’esthétique recherchée.

On notera que la pose d’un toit de chaume se fait toujours de manière traditionnelle. Bien souvent, le couvreur chaumier conçoit lui-même ses outils.

Comment faire une toiture en chaume

Les bottes de chaume sont tressées sur la toiture

Construction chaume : pourquoi utilisons-nous des roseaux ?

Notre société, DSD Rénov, réalise des toitures en chaume partout en France, grâce à un vaste réseau de couvreurs chaumiers. Contrairement à certains artisans chaumiers, nous avons décidé d’utiliser exclusivement le roseau comme matériau pour nos couvertures chaume (comme le font les chaumiers hollandais).

Quand nous rénovons ou quand nous posons un toit de chaume, quelle que soit sa région, nous utilisons systématiquement du chaume de toiture à base de joncs de roseaux.

Et pour cause, utiliser du roseau nous garantit la qualité d’un toit de chaume :

  • Il permet de réaliser une couverture de toit solide, dont la durée de vie est estimée à 50 ans.
  • Le roseau apporte des qualités esthétiques garanties, grâce à l’épaisseur et à la densité des bottes de chaume en joncs.
  • Le jonc offre un toit de chaume robuste, qui résiste mieux à la mousse ainsi qu’aux champignons.

Cela signifie que nous n’utilisons pas systématiquement du chaume local, comme le font certains couvreurs chaumiers. Néanmoins, c’est une décision assumée, car elle nous permet de garantir la durabilité et l’esthétisme de nos toits de chaume, grâce au recours à du chaume de haute qualité.

En effet, utiliser du chaume local peut parfois avoir un impact sur la qualité de la toiture, comme ce fut le cas dans le Parc de Brière.

Vous en savez désormais plus sur la composition d’un toit de chaume. Si vous envisagez de faire poser une couverture chaume, ou de rénover une maison à toit de chaume, n’hésitez pas à nous contacter pour un devis gratuit et sans engagement.

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