Comme sur toutes les toitures, le faîtage d’un toit de chaume est la partie la plus haute du toit, là où se rencontrent les deux pans de toiture. Essentiel à l’étanchéité d’une chaumière, le faîtage exige une mise en oeuvre bien particulière. Nos artisans chaumiers vous expliquent tout ce que vous devez savoir sur les techniques de pose d’un faîtage de toit en chaume. Ils vous détaillent également les principaux types de faîtages que l’on peut retrouver sur ce type de couverture.
Qu’est-ce que le faîtage d’un toit de chaume ?
Rappelons la définition du faîtage d’un toit de chaume.
Le faîtage d’une toiture en chaume est la partie supérieure du toit, et forme la ligne où se rejoignent les deux pans de la toiture. Le faîtage est une partie stratégique de n’importe quelle toiture en pente (y compris quand elle n’est pas en chaume !), car il doit être en mesure de réceptionner les eaux de pluie, et de faciliter leur écoulement le long des pans de toiture.
Sur un toit de chaume, le faîtage permet par ailleurs de « verrouiller » la toiture. La pose d’une toiture en chaume se fait en effet de bas en haut, et le faîtage va permettre de clore les dernières rangées de chaume et de les protéger de l’humidité.
En dehors de son caractère pratique, le faîtage participe bien évidemment à l’esthétisme d’une toiture en chaume, puisqu’il forme la « couronne » de votre toiture.
Le faîtage d’un toit en chaume est la partie supérieure de la toiture. Elle peut être réalisée de différentes manières, qu’il s’agisse de plantes (iris) ou de tuiles de terre cuite.
Les techniques de faîtage pour un toit de chaume
Il existe de multiples manières de réaliser le faîtage d’une chaumière, qui peuvent varier en fonction de la région ou des habitudes de l’artisan chaumier.
On peut notamment utiliser un simple lit de mortier à la chaux, voire même réaliser un faîtage métallique en zinc ou en cuivre. Outre-Manche, les chaumiers britanniques réalisent même des faîtages en chaume, en utilisant une surépaisseur de chaume ou de paille, qui est cousue au sommet de la toiture.
En France, on distingue deux principales manières de faire un faîtage de couverture chaume : la méthode traditionnelle en terre crue et la méthode moderne avec tuiles de terre cuite. Il existe cependant d’autres variantes locales, notamment avec des faîtages en terre et au ciment.
Le faîtage en terre crue plantée d’iris
La méthode traditionnelle pour faire le faîtage d’une toiture en chaume est la pose d’un faîtage en terre crue, plantée d’iris.
Le faîtage d’un toit de chaume est traditionnellement réalisé à l’aide d’un lit de terre crue, dans lequel des iris sont plantés à intervalles réguliers. Les racines des plantes permettent de garantir le maintien du faîtage et de drainer l’humidité.
Ce type de faîtage permet d’offrir un aspect rustique et traditionnel, qui est notamment utilisé par les chaumiers en Normandie. On l’applique généralement sur les chaumières anciennes et traditionnelles, car ce choix permet de ne pas dénaturer une chaumière paysanne, et respecte l’architecture locale.
Le faîtage traditionnel est composé d’un lit de terre crue, dans lequel sont plantés régulièrement des iris. Nos couvreurs chaumiers ont pris ici une photographie suite à la conception du faîtage. Par la suite, les iris vont pousser progressivement, comme on peut le voir sur la photographie présente plus haut sur cette page.
Le faîtage en tuiles de terre cuite
L’autre option de faîtage, considérée comme plus moderne, consiste à utiliser une tuile arrondie de faitage pour toit de chaume.
Cette solution de faîtage utilise une tuile faitière demi-ronde en terre cuite, posée avec un mortier de couverture à la chaux. Les tuiles sont généralement rouges ou brunes, mais peuvent se décliner en différents coloris.
On parle généralement de faîtage « à crête de coq », car le mortier est posé en surépaisseur par-dessus les tuiles, formant une légère crête de part et d’autre de chaque tuile.
L’utilisation de tuiles faîtières offre un aspect général plus moderne et fini, puisque le faîtage ne va pas évoluer (contrairement aux iris, qui forment des plantes par-dessus la toiture). Il profite par ailleurs des mêmes capacités d’étanchéité que le faîtage traditionnel.
Bon à savoir : le choix d’une technique de faîtage tient surtout des préférences du maître d’ouvrage, ou de l’aspect local et traditionnel de la chaumière. Une technique de faîtage n’est pas forcément plus efficace qu’une autre, et c’est surtout l’aspect fini qui intéressera le propriétaire d’une chaumière lors de la pose de la toiture ou de la rénovation du faîtage.
Le faîtage d’un toit de chaume peut utiliser des tuiles faîtières demi-rondes, assemblées grâce à du mortier à la chaux. On parle parfois de « faîtage crête de coq », car le mortier forme une légère crête entre les tuiles.
Le faîtage maçonné
Si nous privilégions les deux précédents types de faîtage, on peut tout de même citer l’existence de variantes locales, plus rustiques que le faîtage de terre cuite.
Le faîtage maçonné (ou faîtage enduit) est une option plus traditionnelle, qui utilise souvent un mortier bâtard (mélange de chaux et de ciment) appliqué en plusieurs couches. En lieu et places de tuiles comme finition, c’est une couche de mortier qui est travaillée pour couvrir le toit, pour un effet plus rustique.
Aujourd’hui réalisé par-dessus un film étanche, ce type de faîtage pouvait autrefois être réalisé à partir de terre et de tourbe, notamment dans certaines traditions locales.
Quand nous intervenons en tant que chaumier dans la Brière, ou sur des chaumières déjà touchées par ce type de faîtage, il nous est tout à fait possible de réaliser un faîtage enduit, si c’est le souhait du propriétaire (ou des règles d’urbanisme locales !).
Le faîtage maçonné utilise directement du mortier comme finition, ce qui offre un effet plus rustique, que l’on retrouve notamment dans le parc de la Brière.
La méthode du faîtage planté d’iris sur un toit de chaume
Vous aurez compris que la méthode traditionnelle du faîtage d’un toit de chaume utilise des iris, ce qui peut s’avérer source de questionnement quand on voit un toit de chaume pour la première fois !
Vous vous demandez pourquoi poser des iris sur un toit de chaume ?
En réalité, le faîtage traditionnel du toit de chaume a deux intérêts majeurs :
- La terre crue permet d’absorber l’excès d’humidité, en cas de forte pluie.
- Les racines des iris permettent d’une part de maintenir le lit de terre crue en place, et facilitent d’autre part le drainage.
En dehors de ce caractère pratique, il ne faut pas oublier que le toit de chaume était une toiture paysanne composée de matériaux locaux. L’utilisation de terre plantée d’iris restait une option facile et locale pour les paysans, qui posaient et entretenaient eux-mêmes leur toiture.
Si le faîtage d’un toit de chaume avec iris est souvent considéré comme particulièrement esthétique, c’est avant tout pour son côté pratique qu’on utilisait (et qu’on utilise encore) un tel faîtage !
En plus de leur aspect décoratif, les iris sur un toit de chaume garantissent un parfait drainage des eaux de pluie, ce qui est apprécié dans les régions particulièrement humides.
Importance du faîtage pour les toitures en chaume
Quelle que soit la nature de votre toiture, le faîtage est toujours un élément primordial pour garantir l’étanchéité du toit. Sur une toiture en chaume, il est évident que ce rôle est d’autant plus important que le chaume risque de moisir s’il est exposé à des eaux stagnantes.
En dehors de son caractère esthétique, le faîtage d’un toit de chaume est essentiel à l’étanchéité et à la durabilité de votre couverture. Si vous avez des doutes sur l’état ou sur l’étanchéité du faîtage, mieux vaut faire intervenir un couvreur chaumier rapidement.
Différents signes peuvent vous indiquer la vétusté d’un faîtage de couverture chaume :
- Infiltrations d’eau en toiture,
- Tuiles de faîtage déplacées ou fissurées,
- Microfissures ou fissures dans le mortier du faîtage,
- Trous ou dégâts dans le faîtage, etc.
Réaliser régulièrement l’entretien d’un toit de chaume, tous les 3 à 5 ans en moyenne, vous permettra d’assurer le bon entretien de votre faîtage, comme du reste de la couverture.
Si vous avez besoin d’un artisan chaumier pour la pose ou la rénovation d’un faîtage, ou tout simplement pour l’entretien de votre toiture, sachez que nos spécialistes du toit de chaume peuvent réaliser tous types de faîtages sur une chaumière.
N’hésitez pas à nous contacter dès maintenant pour faire estimer gratuitement le prix de pose, d’entretien ou de rénovation de votre toiture en chaume.