La crise actuelle au Moyen-Orient a des impacts directs sur l’économie mondiale, et touche particulièrement les prix des matériaux en France comme ailleurs. Elle a donc par nature un fort impact sur le coût des travaux de rénovation ou de construction. Notre entreprise de toiture et de ravalement vous explique en détail quels sont les effets du conflit sur le coût des matériaux de construction, et comment réagir face à de tels effets.
Guerre au Moyen-Orient : impact sur les prix des matériaux
Comme le rappelle le communiqué de la Fédération Française du Bâtiment du 03 avril 2026, les actuels conflits entre l’Iran, Israël et les Etats-Unis ont un impact majeur, et encore difficile à anticiper, sur le coût des matériaux de construction et du carburant.
La fermeture du détroit d’Ormuz imposée par l’Iran, suivie du blocus naval américain visant à priver Téhéran de ses revenus pétroliers, perturbe massivement le transit du pétrole et du gaz naturel mondiaux, et fait flamber les prix des carburants et de l’énergie.
Selon la FFB, une augmentation potentielle de 15 % sur le coût de certains matériaux de construction est à prévoir. L’organisme incite d’ailleurs ses adhérents à anticiper cette hausse des coûts sur les montants de leurs devis, voire de renégocier à la hausse les marchés déjà signés.
Bon à savoir : la FFB incite les entreprises à appliquer l’article 1195 du Code Civil, concernant l’imprévision dans les contrats de construction privés, pour renégocier des contrats en fonction de cette hausse subite et imprévisible du coût des matériaux.

Comprendre le lien entre conflit au Moyen-Orient et coût de la construction
Si on ignore l’impact de la mondialisation sur l’économie, il peut paraître curieux de relier la fermeture d’un détroit à plusieurs milliers de kilomètres d’ici, à la hausse du coût des travaux.
L’impact des conflits au Moyen-Orient sur les coûts de construction
L’effet direct des conflits internationaux sur le coût des matériaux n’est pas nouveau. Nous l’évoquions déjà dans notre dossier sur la pénurie de la tuile en 2022, sous l’effet conjoint des confinements et de la guerre en Ukraine.
C’est l’impact du conflit sur le coût des carburants qui augmente les coûts des travaux à différentes échelles :
- Coût des matériaux : nombreux sont les matériaux conçus à partir de pétrole, ou dont la production exige une grande quantité d’énergie. C’est ce qui explique que la FFB anticipe une hausse de 15 % du coût de certains matériaux.
- Coût des transports : second effet, le prix des carburants augmente le coût de transport des matériaux de construction. En plus d’être plus cher à produire, le matériau est plus cher à acheminer jusqu’au chantier ou jusqu’aux entrepôts.
- Frais des entreprises du bâtiment : troisième effet, les entreprises du bâtiment elles-mêmes subissent une hausse de leurs charges (coût des déplacements, prix de carburants des engins de chantiers, écarts de coût entre les devis et les frais réels, etc.), qu’elles doivent répercuter sur le montant des travaux. La FFB craint justement que les sociétés n’anticipent pas ce point, et souffrent de ce fait d’importantes difficultés financières.
Ces impacts cumulés laissent à prévoir une augmentation importante du coût des travaux dans les mois à venir. Une hausse de 15% des coûts des matériaux, couplée à la hausse des charges (transport, fournisseurs, etc.) pourrait se traduire par une augmentation de 5 à 10 % du coût des travaux, voire plus selon l’évolution de la situation.
Sur le prix d’une construction de maison ou sur le coût d’une rénovation de toiture, cette hausse peut rapidement représenter un surcoût considérable pour des travaux.

Quels sont les matériaux les plus touchés ?
La hausse du coût des matériaux peut se répercuter différemment en fonction du type de produits. La Capeb mentionne ainsi une hausses du coût des matériaux, entre 2,5 et 20 %.
Les produits les plus touchés par la hausse sont ceux directement liés au pétrole :
- Matériaux dérivés du pétrole : certains matériaux sont directement conçus avec du pétrole, notamment le polystyrène expansé (très utilisé en isolation), les éléments en PVC ou encore les produits bitumeux.
- Matériaux énergivores à produire : sont également impactés les produits qui exigent de fortes consommation en gaz, pétrole ou électricité, notamment les métaux (acier, alu, zinc…), ce qui aura un fort effet sur le prix des toits en zinc ou des poutres IPN. On, peut aussi citer les tuiles de terre cuite, les briques, le verre et les céramiques, qui exigent des fours à très haute température, ou encore le ciment, le pâtre et les enduits, dont la fabrication utilise énormément de gaz.
- Matériaux issus de la chimie : enfin, on peut citer tous les matériaux issus de la chimie. Cela va inclure les peintures et résines, les produits de traitement et tous les matériaux qui utilisent directement ou indirectement de la colle ou des liants synthétiques (à savoir la plupart des panneaux isolants rigides).
Plus indirectement, l’ensemble des matériaux est impacté par la hausse du coût des transports. Même le bois ou les matériaux naturels, potentiellement lourds à transporter, seront donc plus coûteux à acheminer jusqu’à un chantier.
Impact du coût des travaux pour le consommateur
Pour conclure, il est important pour le consommateur tout comme pour les entreprises du bâtiment d’anticiper la hausse des prix des travaux dans les mois à venir.
On peut facilement estimer une hausse minimale de 5 à 10 % du coût des travaux dans les mois à venir. Ce chiffre est forcément incertain à moyen terme, faute d’une vision précise sur l’évolution des conflits.
Si vous avez vous même des travaux importants à réaliser, nous vous donnons les conseils suivants :
- Accélérez vos décisions : face à des travaux urgents et indispensables, comme une réfection de toiture ou du gros oeuvre, mieux vaut chercher à sécuriser rapidement une offre, pour éviter une importante montée des prix.
- Renseignez-vous sur les solutions de stockage de l’entrepreneur : privilégiez une entreprise de bâtiment avec espace de stockage, qui serait en mesure d’acheter vos fournitures le jour de la signature, et donc de vous garantir un prix fixe.
- Attention à la solvabilité des entreprises : soyez plus que jamais attentif/ve à la solvabilité d’une entreprise. Les sociétés du bâtiment les plus fragiles auront d’importants risques de dépôts de bilan dans les mois à venir.
- Comparez les matériaux : enfin, n’hésitez pas à comparer les solutions de matériaux, pour vous tourner vers ceux qui sont le moins impactés par la hausse des coûts du pétrole, du gaz ou de l’électricité.
La guerre au Moyen-Orient a un impact non négligeable sur la tenue de travaux et sur l’activité des entreprises du bâtiment. En tant que façadier et couvreur à Paris, nous avons par exemple déjà réduit la durée de validité de nos devis, et fait en sorte de commander les fournitures dès réception des acomptes, afin de maîtriser les coûts d’approvisionnement, et donc le budget total des travaux.
S’il est évident que les travaux non essentiels peuvent être mis de côté dans l’immédiat, attention à ne pas retarder les travaux essentiels. Il y a tout de même de forts risques pour que l’inflation continue, même après une éventuelle résolution du conflit. Attendre dans l’espoir d’une baisse subite des prix reste donc une stratégie hasardeuse.